LES MILLE ET UN métiers de la ville
Le foulon
Lieu de résidence des notables, la ville fait vivre un grand nombre de métiers : commerçants, artisans, professions libérales… L’archéologie apporte quelques lumières sur ce monde généralement ignoré des auteurs antiques. Les foulons utilisaient des bassins pour laver les textiles et les étoffes. Un de ces ateliers est connu à Saint-Romain-en-Gal. Il comprend une cour centrale bordée d’espaces couverts. L’un d’entre eux abrite une batterie de quatre bassins, d’une capacité totale d’environ 25 m3. Cette fullonica s’inscrit dans un îlot triangulaire dont l’extrémité est entièrement occupée par des bâtiments artisanaux.
Le potier
Le site de Saint-Romain-en-Gal, au début de son histoire, est une sorte de zone artisanale. Comme à Lyon, des potiers venus d’Italie du Nord s’y installent vers 30 avant J.-C. et durant quelques décennies, ils fabriquent des gobelets à parois minces, à décor moulé, et une céramique à vernis rouge brillant (dite sigillée), destinés à l’exportation. L’essentiel des produits est écoulé vers les provinces du Nord : Gaules, Bretagne (aujourd’hui la Grande-Bretagne), Germanie.. Ces productions coexistent avec d’autres de tradition gauloise, notamment des bols peints rouges et blancs et des pots à cuire en céramique modelée.
Le plombier
Aujourd’hui, le plomb est devenu symbole de pollution et de nuisance : c’est un métal qu’on souhaiterait voir disparaître de notre environnement quotidien. Pourtant, dans le passé, le plomb a été utilisé en grandes quantités. Dans le monde romain, le plomb est le métal le plus répandu et le moins coûteux. Facile à fondre et à recycler, il est utilisé surtout pour la fabrication des tuyaux d’adduction d’eau. L’artisanat du plomb était très présent à Vienne : 70 noms d’artisans différents sont attestés, grâce aux marques sur des tuyaux.
Le tabletier
Le tabletier est spécialisé dans la fabrication d’objets réalisés à partir d’os d’animaux (bœufs, moutons…) récupérés chez le boucher. Les ébauches, obtenues à partir du sciage des os longs des pattes, sont ensuite découpées, tournées, polies, gravées…pour donner de multiples objets du quotidien : dé à jouer, jeton, aiguille, épingle, stylet pour écrire sur les tablettes de cire, manche de couteau, charnières de coffret, peigne, cuillère… A côté des objets finis, l’examen des rebuts révèle les différentes étapes de fabrication.
Le mosaïste
Du métier de mosaïstes, véritable peinture de pierre, nous connaissons peu de choses, si ce n’est les œuvres achevées. La fabrication des petits cubes, les tesselles, ne nécessite pas d’installations particulières mais beaucoup de savoir-faire. Pour le noir et le blanc, le mosaïste choisit plutôt des calcaires, pour les couleurs, des marbres. Seules les teintes très vives nécessitent un matériau artificiel, la pâte de verre colorée. L’essentiel de l’activité se faisait sur place, en équipe. Le maître réalise les tableaux figuratifs, tandis qu’à l’ouvrier qualifié ou à l’apprenti, chacun en fonction de son expérience, sont confiés les motifs géométriques ou les simples bandes de raccord.
Le peintre
A l’époque romaine, dans les bâtiments publics comme dans les maisons, tous les murs sont recouverts d’un enduit, souvent peint. La fraîcheur et la solidité des couleurs sont dues à la technique de la fresque. Elle consiste à appliquer la peinture sur un enduit de chaux et de sable fin encore humide, qui, en séchant, va fixer les couleurs. Il est rare de pouvoir reconstituer un décor mural, car les enduits peints très fragiles ont souvent disparu dans le sol. On y arrive cependant, en recueillant avec beaucoup de soin les fragments découverts dans les décombres de démolition.
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